Applications, plateformes et réseaux sociaux font aujourd’hui partie intégrante des outils d’apprentissage des plus jeunes. Ils sont devenus incontournables pour pénétrer dans leur univers résolument digital, voire virtuel, sachant que la mission de l’école est de former les travailleurs et citoyens de demain. Le modèle de la « classe inversée », par exemple, propose de laisser les élèves découvrir un cours à domicile sur une vidéo Youtube, puis de venir le travailler en classe lors d’ateliers de groupe.

Think (and fail) with your hands

Depuis 35 ans, Lego développe des utilisations pédagogiques de ses briques. Le kit Mindstorms, par exemple, permet de découvrir la programmation et la robotique. Le challenge? Assembler et programmer un robot LEGO en 25 minutes. L’expérience du robot Lego permet aux élèves de comprendre comment la technologie fonctionne dans des applications concrètes du monde réel. Une pratique attrayante qui offre une alternative au tableau noir, qui leur semble aujourd’hui littéralement « venu d’un autre temps ».

L’enseignement a pour vocation de préparer les ados au monde de demain, dans le milieu professionnel notamment. Comment former ces jeunes à des professions qui n’existent même pas encore? Plus que l’acquisition de savoirs, il s’agit de développer une grande adaptabilité. Le World Economic Forum a relevé les compétences qui seront essentielles d’ici 2020. Parmi celles-ci figurent: la résolution de problèmes complexes, la créativité, la capacité à se coordonner avec les autres et à communiquer efficacement. Néanmoins, à cela s’ajoutent les compétences « techniques » telles que le codage ou le traitement des données du Big Data.

Le co-design en entreprise (aussi) avec des Lego

Dans les entreprises, on réapprend à jouer pour inciter les concepteurs à placer les utilisateurs au centre des préoccupations. C’est ce qu’on appelle l’approche empathique ou le pouvoir de l’observation. C’est ce qui va permettre de redéfinir les limites du problème face auquel on se trouve. L’exemple de la réalisation du viaduc de Millau permet de comprendre que le bureau d’étude Greisch a réfléchi à l’expérience des utilisateurs et pas seulement à la conception technique.

Jean-Marie Cremer (Greisch) : « Il faut s’intégrer au partenaire entrepreneur pour pouvoir, mieux que lui, concevoir les outils qui vont lui convenir. L’utilisateur qui empruntera le viaduc sera aussi sensible à un bel ouvrage, à un beau paysage. »

Le co-design permet de mettre en commun les questionnements autour d’une problématique. Pour y répondre, différents profils participeront à l’idéation, permettant d’hybrider les compétences. On va passer, dans un laps de temps réduit, de l’idée à une application qui arrivera finalement sur le marché. Il va donc être nécessaire d’anticiper sur des réalités qui pourraient arriver sur le marché.

A l’ère du big data, nous cherchons souvent à identifier les tendances, à prédire les comportements. Mais il est encore plus intéressant d’anticiper l’inflexion de certaines tendances. Toute idée utile sur le futur paraîtra nécessairement ridicule au départ… Et pourtant, la réponse aux problématiques actuelles se trouvant au carrefour des domaines économique, technologique et artistique, c’est de l’hybridation des compétences qu’émergeront les solutions possibles.